Conté à Paris, du carnet au grand format
Conté : explorer le dessin, de la petite étude au grand format
J’aime beaucoup travailler dans mes carnets. Ce sont des espaces où je peux tester une couleur, une matière, un geste, recommencer, me tromper… sans forcément chercher à obtenir une image aboutie.
Ces derniers temps, j’ai eu envie de donner davantage de place au dessin et d’explorer ce que certaines matières permettent lorsqu’on sort du petit format.
C’est dans ce contexte que j’ai eu l’occasion de découvrir et de tester plusieurs produits Conté à Paris.
Explorer les matières
Ce que j’aime dans le dessin, c’est justement cette possibilité de changer complètement de sensation selon l’outil que l’on utilise.
Un crayon ne se travaille pas comme un pastel. La pression de la main, la façon de poser la matière, de la superposer ou de la laisser apparente changent le résultat.
Et le papier joue aussi beaucoup : selon qu’il est lisse ou plus texturé, la matière ne réagit pas de la même façon. Pour mes grands formats, j’ai notamment utilisé un papier à la texture « nid d’abeille », qui donne encore une autre présence au pastel.
J’ai donc pris le temps de faire quelques essais, sans chercher à produire immédiatement une illustration. Des recherches de valeurs, de textures, de traits, de couleurs…
Ces petits essais sont souvent ce qui m’intéresse le plus : ils permettent de comprendre comment une matière réagit et surtout de voir ce qu’elle peut apporter à ma façon de dessiner.
Le portrait comme terrain d’expérimentation
Le portrait est un sujet auquel je reviens régulièrement.
Ces derniers mois, j’ai notamment réalisé plusieurs petites études de visages, avec différents médiums. Le petit format m’oblige à aller à l’essentiel : quelques valeurs, une ombre bien placée, un trait pour suggérer un regard ou une bouche peuvent suffire à donner vie au visage.
Avec les crayons Conté à Paris, j’ai continué ces recherches autour des ombres, de la lumière et de la texture.
J’aime particulièrement observer ce qui se passe lorsque le dessin reste un peu visible, lorsque le geste n’est pas complètement effacé. Le portrait devient alors autant une recherche sur le visage que sur la matière.
Pour ces portraits ci-dessous, j’ai utilisé du papier kraft.
Donner plus d’espace au dessin
Mes carnets restent mes espaces de recherche privilégiés, mais j’ai progressivement eu envie de travailler sur des formats plus grands.
J’ai notamment réalisé plusieurs dessins aux pastels Conté sur des formats 32 × 41 cm.
Le changement d’échelle modifie vraiment la manière de travailler. Le geste devient plus ample, la matière prend davantage de place et il est possible de construire les formes autrement.
Ce passage du petit au grand format m’intéresse beaucoup en ce moment.
J’ai longtemps aimé la liberté des petites études et des carnets. Aujourd’hui, j’ai envie de voir ce qui se passe lorsque je leur donne davantage d’espace.
Carnet A6
Du carnet au grand format
Je crois finalement que ces deux pratiques sont assez complémentaires.
Le carnet permet de chercher rapidement, de tester une matière, de faire plusieurs essais et de ne pas trop réfléchir.
Le grand format demande autre chose : davantage d’engagement dans le geste, mais aussi une autre relation au dessin.
Et les recherches réalisées dans les petits formats peuvent ensuite nourrir ces travaux plus grands.
C’est ce cheminement qui m’intéresse actuellement : partir d’une petite idée, d’un essai ou d’un portrait esquissé dans un carnet, puis voir jusqu’où il peut m’emmener.
Papier Canson “nid d’abeille” 32 × 41 cm
Continuer à chercher
Ce que je retiens surtout de ces expérimentations, c’est le plaisir de retrouver le dessin pour lui-même.
Tester une matière, changer d’outil, observer une texture, recommencer sur une autre feuille… Ce sont parfois des recherches très simples, mais elles peuvent ouvrir de nouvelles pistes.
Après avoir beaucoup exploré le portrait dans mes carnets ces derniers temps, j’ai maintenant envie de poursuivre ces recherches sur des formats plus grands et de voir comment mon dessin peut évoluer avec eux.
Et finalement, c’est peut-être aussi ça que j’aime dans les outils de dessin : ils ne servent pas seulement à réaliser une image. Ils peuvent aussi nous donner envie de chercher autrement.
POUR ALLER PLUS LOIN
Mes autres articles sur les carnets :
Pourquoi je travaille sur plusieurs carnets
Le carnet de dessin, essentiel dans ma pratique d’illustratrice

